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Les Huit Erreurs Des Indés. Erreur N°7 : Choisir Un Nom « parce Qu’il Sonne Bien »

Les huit erreurs des indés. Erreur n°7 : choisir un nom « parce qu’il sonne bien »

Pendant la période de maturation du projet, l’indé réfléchit à son concept, à ses perspectives, et cherche essentiellement à vérifier son adéquation à la réalité du marché. C’est l’intérêt du business plan, que l’indé doit écrire avec soin.

 

Alors que l’indé se projette, analyse et étudie son marché avant de se lancer, un nom est souvent arrêté pour désigner la future entreprise. Il s’agit parfois d’un nom qui résonne particulièrement aux oreilles de l’indé, d’un nom qui sonne comme une ancienne ritournelle dont on ne saurait se débarasser ou d’un nom qui aurait jailli comme une private joke devenue récurrente.

 

Souvent, ce nom a simplement jailli et est communément admis sans trop y réfléchir. Malheureusement, ce n’est souvent qu’au stade de l’acquisition d’une marque, d’un nom de domaine ou après l’immatriculation de l’entreprise qu’un problème sur le nom se présente. Dans ce cas, il est trop tard pour faire aisément machine arrière et l’indé est confronté non seulement à l’obligation de modifier son nom (et tant pis pour les flyers, le site Internet ou l’enseigne qui auraient été achetés et sur lesquels l’indé aurait tant travaillé) mais également à l’obligation de devoir trouver dans l’urgence un nouveau nom à son projet.

 

Nous avions déjà traité la question importante du choix de la marque d’un client par une agence de communication. Le sujet est ici d’autant plus important que, pour l’indé, le choix du nom s’effectue avant le début de son activité et peut avoir des conséquences lourdes sur la phase de démarrage et le début de l’exploitation.

 

Pour limiter le risque de subir des contretemps inutiles et couteux, l’indé ne doit pas choisir son nom « parce qu’il sonne bien » et doit le tester avant d’en débuter l’exploitation. L’indé devrait garder à l’esprit quelques idées phares pour guider son inspiration et éviter les déconvenues :

 

  • Pendant la période de brainstorming, l’indé ne doit pas arrêter son choix sur un seul nom mais en présélectionner quatre ou cinq. En se ménageant cette marge de manoeuvre, l’indé gagne d’une part la possibilité de tester immédiatement ces différents noms auprès de ses proches et, idéalement, de son public, et d’autre part, se constitue des solutions de repli si l’un des noms présélectionné devait rencontrer un problème. Le nom ne devrait pas être descriptif ou renvoyer aux caractéristiques du ou des produits dont la commercialisation est envisagée. Soulignons immédiatement que l’idée d’utiliser sur le plan commercial les nom et prénom de l’indé, par exemple à titre de dénomination sociale ou de nom commercial, est plutôt une mauvaise idée : dans le cas où l’indé serait amené à quitter l’entreprise qu’il crée notamment dans le cadre d’une cession, il céderait en même temps le droit d’utiliser son patronyme et ne pourrait plus lui-même l’utiliser dans le commerce. La question peut paraître triviale, mais elle a eu un impact majeur pour Inès de la Fressange, Alain Ducasse ou encore Pierre Bordas qui ont été confronté à l’exploitation de leur nom par l’entreprise qu’ils avaient quitté et à des restrictions quant à l’utilisation commerciale de leur propre nom…

 

  • Une fois la short list constituée, l’indé doit tout simplement tester ses noms sur les moteurs de recherche, en tentant des déclinaisons ou des variations orthographiques. De la sorte, l’indé vérifie, premièrement, s’il existe déjà un usage des noms envisagés sur Internet (auquel cas le référencement pourra s’avérer plus complexe) et, deuxièmement, si ces noms sont associés à des pratiques ou à des notions dont l’image pourrait avoir une influence négative. A titre d’exemple, il peut être utile de vérifier avant tout usage si le nom de son entreprise ne renvoie pas à la désignation, dans une langue étrangère, d’un certain type de drogue…

 

  • A ce stade, les noms pour lesquels il n’existerait pas de difficulté doivent être testés auprès des hébergeurs. Il serait en effet dommage que le nom finalement retenu ne puisse faire l’objet d’un dépôt à l’identique à titre de nom de domaine en .com ou en .fr et que l’indé soit contraint de se rabattre finalement sur une extension exotique sans pouvoir réserver les noms de domaine qui auraient pu être si évidents. Compte tenu du faible coût du dépôt de nom de domaine, il peut être intéressant de réserver dès cette étape plusieurs noms de domaine par nom présélectionné, pour éviter qu’ils puissent tomber entre les mains d’un cybersquatteur qui aura toute latitude pour faire payer à l’indé chaque nom de domaine au prix fort.

 

  • Le nom doit encore être testé auprès du Registre du commerce et des sociétés : il faut en effet s’assurer que le nom n’est pas déjà exploité par un concurrent. Une vérification sur Infogreffe, en utilisant plusieurs déclinaisons de chaque nom, est particulièrement recommandée. Dans le cas où le nom serait déjà utilisé, l’indé ne doit cependant pas paniquer mais devrait vérifier premièrement si le nom est exploité par une entreprise dont l’activité serait identique ou similaire à la sienne et, deuxièmement, le lieu dans lequel cette entreprise est installée. Le risque est en effet limité lorsque l’entreprise qui exploite déjà le nom exerce une activité totalement différente et a un rayonnement territorial limité ou très éloigné de la zone de chalandise de l’indé.

 

  • Le nom doit enfin être testé afin de vérifier s’il n’a pas déjà été déposé à titre de marque en France. L’indé doit ainsi effectuer une recherche sur le site de l’Institut national de la propriété industrielle et élargir sa recherche à tous les signes qui pourraient être similaires visuellement, phonétiquement ou intellectuellement au nom qu’il a retenu. Les marques antérieures éventuellement identifiées doivent être analysées avec soin pour vérifier si les produits et services qu’elles désignent sont similaires ou identiques aux produits et services que pourrait commercialiser l’indé dans le cadre de son activité. En effet, le dépôt d’un nom à titre de marque pourra être rejeté si ce nom crée un simple risque de confusion avec une marque antérieure.

 

Conclusion

Une fois ces étapes réalisées, l’indé peut entamer l’exploitation du nom qu’il aura choisi et qui aura passé tous les tests avec succès! Afin de se prémunir, il peut être opportun de consulter un professionnel en droit des marques qui pourra valider l choix. Par la suite, ce nom pourra être utilisé sans crainte comme dénomination sociale de sa société, à titre d’enseigne, sur Internet et pourra même être déposé à titre de marque.

 

Pour les plus ambitieux d’entre les indé qui envisagent d’ores et déjà un développement international, cette recherche doit être doublée d’une recherche auprès de l’office en charge de la propriété industrielle dans chacun des pays sur le territoire desquels le développement est envisagé. Concernant l’Union européenne, une recherche sur le site de l’Office européen pour l’Harmonisation du Marché Intérieur fera l’affaire. L’Intellectual Property Office permet de conduire le même type de recherche concernant les marques britanniques. Pour les Etats-Unis, l’indé devra effectuer ses recherches auprès de l’United States Patent and Trademark Office. Concernant les dépôts internationaux, il faut cependant garder en mémoire le fait que le recours à des professionnels locaux est une nécessité rendue parfois obligatoire par la législation locale et que cette intervention peut avoir un coût non-négligeable…

 

Une fois le nom définitivement choisi, l’indé a une dernière mission : il doit mettre en place une veille destinée à vérifier que des tiers ne s’accaparent pas le nom par la suite, par exemple pour profiter de la réputation de l’indé, et que le nom fait l’objet d’une bonne utilisation dans les médias ou par la clientèle. Les outils de veille sont très souvent négligés alors qu’ils sont aisés à mettre en place et à utiliser. La veille est le meilleur moyen de s’assurer de la bonne réputation du nom et de parer aux mésusages avant qu’il ne soit trop tard…

 

Opportunité

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